Sainte Chapelle

Edifiée sur l'île de la Cité, la Sainte-Chapelle (également nommée Sainte-Chapelle du Palais) fut spécialement bâtie afin d’accueillir la Couronne d’Epines, un morceau de la Vraie Croix et autres reliques de la Passion.

Un monument digne d’accueillir les plus belles reliques

Au début du 13ème siècle, l’empereur Baudouin II de Courtenay, dernier empereur de Constantinople, a urgemment besoin de soutien financier. Afin d’être aidé au plus vite, il met en vente la plus précieuse de ses reliques : la Couronne d’Epines, c'est-à-dire la couronne posée sur la tête de Jésus Christ avant sa crucifixion. Dans l’espoir de trouver preneur ainsi qu'un allié pour débuter une nouvelle croisade, il entreprend en 1237 un long voyage en Europe durant lequel il rencontre le roi français Louis IX. Si ce dernier est peu désireux d’entamer une nouvelle expédition, il est cependant très intéressé par la Sainte Couronne et les reliques mises en gage à Venise. En contrepartie de la somme de 135 000 livres, la Couronne d’Epines est apportée en France et arrive à Paris en 1239.

Le lendemain, une grande cérémonie est organisée, pendant laquelle la relique est déposée dans la chapelle Saint-Nicolas de la Cité. Trois ans plus tard, deux nouvelles reliques vendues par Baudouin II rejoignent Paris : la relique de la Passion et une partie de la Vraie Croix (croix sur laquelle Jésus aurait été crucifié). Considérées comme étant des témoins directs de l’histoire de Jésus et de sa crucifixion, les trois reliques dont le roi est en possession sont des pièces particulièrement vénérées par les chrétiens. Louis IX décide donc de placer ces précieuses reliques dans un lieu bien plus prestigieux que la petite chapelle Saint-Nicolas. Il ordonne ainsi la construction d’une nouvelle chapelle dans l’enceinte de l’ancien palais royal de l’île de la Cité, spécialement destinée à accueillir les saintes reliques.

Par l’opération du saint esprit…

Etrangement, le nom de l’architecte à l’origine de la Sainte-Chapelle reste encore aujourd’hui incertain. Le nom de Pierre de Montreuil a été évoqué dans certains écrits mais aucun texte ne confirme réellement l’hypothèse. En 1240, cet architecte dont la vie est mal connue et dont les sources divergent quant à ses œuvres, est déjà un homme d’un certain âge qui possède largement la faveur du roi. Si certains textes avancent son nom, aucun ne certifie qu’il est bel et bien l’auteur du projet. Le nom de l’architecte de la Sainte-Chapelle reste donc encore incertain.

Toujours est-il qu’en 1242, les travaux débutent pour s'achever en 1248 ; un exploit quand on voit le magnifique aboutissement architectural que constitue la chapelle. Aucune erreur technique et stylistique n’a été commise. La chapelle est tout simplement un véritable exemple de précision et de finesse architecturale.

Chapelle basse et chapelle haute

Entièrement dédiée à la Vierge, la chapelle basse de la Sainte-Chapelle était autrefois réservée aux habitués du palais. Elle interpelle par la pénombre qui y règne. Cet éclairage presque mystique est du à la petite taille des fenêtres qui ornent cette salle dont le plafond, situé bien bas, est le plancher de la chapelle haute.

Dédiée aux reliques de la Crucifixion et située au-dessus de la chapelle basse, la chapelle haute est directement reliée au premier étage du Palais Royal par une petite porte. L’accès à la chapelle haute était donc à l’époque totalement réservé à la famille royale. L’atmosphère, le style architectural aérien, les vastes vitraux et la lumière chaudement colorée présents dans cette salle contrastent étonnamment avec la pénombre de la chapelle basse. Au fond de la salle, une immense rosace domine l’entrée et inonde de lumière le sol, les murs et les sculptures de la chapelle.a

Un symbole de la royauté malmenée

Véritable emblème de la royauté, la Sainte Chapelle fut une des premières cibles des révolutionnaires de 1789. Si les deux tiers de ses vitraux sont d’époque, les différentes restaurations qu’a connues l’édifice lui ont ôté une partie de ses panneaux. De même, parmi les douze statues des apôtres situées à l’aplomb des piliers des ogives, seules celles qui ornent l’estrade située devant l’abside sont authentiques. Les autres statues sont pour leur part des répliques dont les originaux, détériorés pendant la Révolution Française, ont été entreposés au musée de Cluny.

Le mobilier, mais également les stalles, le jubé et tous les insignes royaux ont eux aussi été détruits à cette période. Les reliquaires et les coffrets ont eux été transférés à l’Hôtel de la Monnaie pour y être fondus. Finalement, seule la Couronne d’Epines a pu être sauvée de ce carnage. Afin de disposer des rayonnages, deux mètres de vitraux furent retirés de la chapelle haute, temporairement aménagée en dépôt d’archives. Les vitraux ainsi retirés ont pour la plupart été vendus à l’Angleterre.

De 1840 à 1868, des travaux sont enfin entrepris pour restaurer l’ensemble de l’édifice afin de lui rendre son aspect d’origine et sa valeur patrimoniale.

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